Lors du Miffel, plusieurs semenciers et agriculteurs se sont réunis pour débattre des freins au développement des semences potagères biologiques. Catherine Mazollier, ingénieur au Grab (Groupe de recherche en agriculture biologique) et référente en maraîchage bio sur Provence Alpes Côte d'Azur, a animé cette table ronde.
De Vilmorin, filiale du groupe international Limagrain, à Agrosemens, entreprise familiale spécialisée dans les semences bio, un panel varié d’entreprises était présent. Un point commun les rassemblait : leur objectif de rentabilité qui semble être un frein important au développement du marché. C’est Franck Roelofs, directeur commercial de Rijk Zwaan, qui a ouvert le bal : “Nous souhaiterions élargir notre gamme de semences bio, mais nous avons besoin d’une rentabilité minimum”. Et de citer l’exemple de l’aubergine, dont le marché ne représente pas assez de volume pour développer de nouvelles variétés.
Un marché insuffisant
Au niveau européen, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Si la réglementation européenne impose l’utilisation des semences biologiques, elle laisse chaque pays gérer ses dérogations. En France, quand il existe une production de semences bio pour une variété dans une espèce, on la change rapidement de catégorie pour inciter les agriculteurs à l’utiliser. En Espagne et en Italie, le système est plus laxiste.
Concernant la communication, c’est le même problème. En France, la base de données en ligne www.semences-biologique.org permet aux fournisseurs d’informer quotidiennement les agriculteurs de leurs disponibilités en semences. En Espagne, il s’agit d’une liste, en format texte, mise en ligne une fois par an sur Internet…
Ce constat est partagé par tous les semenciers présents autour de la table. “Au niveau européen, l’Espagne et l’Italie tirent la production et la commercialisation de semences bio vers le bas”, renchérit Frank Alegri, de la société Bejo. (...)
Nathalie Simonet
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