La biodiversité fonctionnelle est une piste prometteuse contre les ravageurs en cultures sous abri ou en plein champ. De nombreux essais sont en cours. Il s’agit de semer, autour des cultures, des bandes florales composées d’espèces végétales qui vont attirer, héberger, nourrir les insectes auxiliaires indigènes, comme les punaises prédatrices.
L’objectif est de contribuer à maintenir les populations de ravageurs sous le seuil de nuisibilité économique. Un équilibre délicat à trouver, qui fait l’objet d’expérimentations au Grab d’Avignon, avec diverses techniques comme la modifi cation du climat sous abri par la brumisation. “Nous explorons de nombreuses pistes, c’est un travail de longue haleine, commente Catherine Mazolier du Grab lors de la journée maraîchage à Carquefou, organisée fi n mars par l’Itab et le CTFIL. Mieux cerner le pouvoir de la biodiversité fonctionnelle et donner des orientations précises aux producteurs font partie de nos priorités.” Le but est de favoriser les prédateurs indigènes, ceux que l’on trouve sur le terrain, comme les hétéroptères prédateurs (punaises), Macrolophus caliginosus ou Dicyphus errans. Car la technique du lâcher d’auxiliaires, à renouveler tous les ans, s’avère en effet très coûteuse, restreinte (uniquement en abris fermés), et avec des résultats plus ou moins probants, contre aleurodes et acariens. De plus, l’apparition d’un nouveau ravageur, Tuta absoluta, une petite chenille difficile à vaincre avec le BT ou le Spinosad, motive encore davantage l’approche de la biodiversité fonctionnelle.