Afin de mieux cerner la rentabilité des grandes cultures, plusieurs études sont en cours. Il en ressort une vraie difficulté à calculer les coûts de production, notamment en raison du manque de méthode vraiment adaptée à l’approche bio, différente de celle du conventionnel. L’impact de la fertilisation et des rotations est en effet à prendre en compte.
“Pour y voir plus clair, nous avons besoin de données technico-économiques sur les marges brutes dégagées. Le but est d’apporter des outils aux producteurs désireux de se convertir, et qui souhaitent avoir des indications légitimes sur la rentabilité”, résume Philippe Viaux d’Arvalis-Institut du Végétal, en charge de la bio et très bientôt à la retraite. “Il existe une grande diversité sur les coûts de production, continue Jean-François Garnier, son successeur à Arvalis. La structure des exploitations, leur localisation, le niveau des rendements ainsi que la présence d’élevage ont un impact sur les résultats observés.” Plusieurs travaux, présentés lors de la journée Grandes Cultures de l’Itab, apportent des indications. Première constatation : on s’aperçoit qu’en grandes cultures – ce qui n’est pas le cas en maraîchage par exemple – le coût du désherbage n’est pas si élevé que ça : “nous pensons qu’il y a encore des marges de progression, car le matériel et les techniques ne sont pas optimisés”, notent les spécialistes. Les résultats peuvent aussi fluctuer selon les précédents culturaux, le recours aux produits organiques plus chers (farines de plumes, de viandes, fientes ou vinasses) ou l’usage de compost (déchets verts ou fumier en fonction des disponibilités).