Fabricant d’aliments bio pour animaux depuis 1973 à La Gimond dans la Loire, Cizeron Bio vient de franchir une étape dans son expertise. En s’équipant d’une station de microdosage (250 000 euros d’investissement), il valorise encore davantage ses connaissances de l’élevage bio et des besoins physiologiques des animaux selon leur âge et les étapes de leur vie. “Grâce aux échanges avec l’amont, les producteurs et éleveurs, et l’aval, les transformateurs et abattoirs, on a acquis une expérience dans la formulation bio, explique Jean-Charles Cizeron, directeur général. Il nous restait à maîtriser la partie prémix – vitamines, oligoéléments, enzymes – ces nutriments destinés à équilibrer au mieux l’aliment.” Ces ingrédients nécessaires au prémix sont autorisés en bio, et inscrits dans l’annexe 6 du règlement européen bio 889/2008.
Des gammes “100 % maison”
Après deux ans d’essais, les premières gammes “100 % maison” sont disponibles. “Nous misons sur la réactivité afin de coller aux besoins des animaux et répondre aux impératifs de performances technico-économiques des élevages bio.” L’objectif est d’améliorer leur valeur ajoutée. “En production laitière, on travaille à l’augmentation du GMQ pour obtenir plus rapidement des vaches à vêler. En porc, on vise une hausse de la prolificité, un meilleur TMP (épaisseur des muscles) et l’amélioration de l’état des truies.” Afin de diversifier les acides gras, Cizeron Bio teste les tourteaux alternatifs de cameline ou de chanvre : “nous cherchons à incorporer des acides gras différents, pour améliorer les profils protéiques du lait”, résume Jean-Charles Cizeron. Trouver des sources de protéines concentrées autre que le soja est aussi un impératif pour réussir à mettre au point des formules 100 % bio performantes, obligatoires pour les monogastriques dès le 1er janvier 2015, date de fin de la dérogation portant sur la part de 5 % non bio possible dans la formulation (lire p. 41).
En 2013, Cizeron Bio a fabriqué 23 000 t d’aliments, soit une croissance annuelle de 10 % (11 M de chiffre d’affaires). 45 % des volumes concernent les volailles, 25 % les ruminants et 30 % les porcs. L’usine fonctionne en flux tendus : le stockage des matières premières est le plus bref possible et la fabrication se fait uniquement sur commande. “Nous développons notre activité sur le végétal, en consolidant notre approvisionnement régional via la société Bioagri, créée en 2010 en partenariat avec le groupe Euréa et la minoterie Dupuy, et qui propose aussi du conseil aux agriculteurs.”
Christine Rivry-Fournier