Les producteurs de lait ont des idées Comment réduire sa facture énergétique tout en limitant l’impact environnemental de sa ferme ? Si la bio doit se préoccuper de son empreinte carbone, elle est aussi, comme toutes les formes d’agriculture, très sensible à la hausse du prix des énergies qui, selon l’Institut de l’Élevage, a érodé de 5 à 10 % le revenu des exploitations depuis 2007.
Les agriculteurs ne cessent de chercher des solutions pour alléger leur consommation d’énergie. Voici quelques exemples concrets d’initiatives réalisées par des producteurs de lait.
Une bergerie qui sèche et chauffe
Une pierre, deux coups… En Aveyron, la bergerie de Pierre Cassan produit de l’air chaud pour sécher le foin tout en alimentant un réseau de chaleur pour la maison et les chambres d’hôtes. D’abord, le double toit de sa bergerie utilise la chaleur solaire pour réchauffer l’air qui est soufflé dans la grange qui la juxtapose. Le foin en vrac sur caillebotis est ainsi séché effi cacement, avec un moindre coût énergétique. Certes, celui-ci n’est pas nul, en raison de la consommation d’électricité des ventilateurs, mais Pierre Cassan compense avec des panneaux photovoltaïques par la production d’énergie renouvelable. En troquant son système ensilage pour le foin séché en grange, il visait surtout un foin de qualité pour ses ovins lait. En plus des économies de fi celles des bottes, il réduit aussi son impact sur l’environnement, en éliminant bâches plastiques et pneus, jus d’ensilage et conservateurs polluants…
La bergerie fournit aussi les calories nécessaires aux bâtiments d’habitation, grâce à la géothermie au sol : des tuyaux d’eau serpentent sur 400 m² dans la bergerie et alimentent une pompe à chaleur qui chauffe une surface équivalente d’espace habitable, 50 mètres plus loin. L’eau y arrive à 27-28 °C lorsque la bergerie n’est pas curée. Lorsque celle-ci est nettoyée, la température de l’eau tombe à 17 °C. La pompe à chaleur n’a presque pas besoin de tourner lorsque les animaux et le fumier sont présents. L’investissement s’est monté à 30 000 euros, subventionné à 50 %.
Marie Massenet
Retrouvez l'intégralité de l'article dans l'édition de Biofil N°71- juillet-août 2010