À la ferme expérimentale des Bordes, dans l’Indre, l’engraissement des mâles limousins en boeufs lourds et biens finis à 38 mois s’avère aujourd’hui maîtrisé, avec le recul de 10 ans d’expérience. Basé sur l’autonomie maximale, le système naisseur-engraisseur s’avère viable et durable.
La démonstration des performances de ce système a été faite lors d’une journée Portes ouvertes réalisée en juin dernier. Le troupeau de base est constitué de 23 vaches limousines pour 61 UGB (Unités Gros Bovin) . “Nous avons pris l’option de relever le défi de la valorisation des mâles en boeufs pour produire de la viande de qualité. Mais en bio, le boeuf est un peu boudé par les éleveurs en raison du temps d’immobilisation de la trésorerie”, explique Pascale Pelletier, ingénieur régional fourrages à Arvalis – Institut du végétal. Très appréciée et recherchée, la viande de boeuf, essentiellement produite à l’herbe, contribue à l’image positive de cet aliment. “Notre viande de boeuf bio est bien valorisée, à condition que les animaux soient bien finis, avec comme principal débouché des boucheries traditionnelles. Sur 9 ans, de 2002 à 2010, nous avons vendu une centaine de carcasses, en moyenne à 3,90 € par kilo et cette année à 4,10 €.” “Castré à 9 mois et engraissé lors du 3e hiver, le boeuf est un animal avant tout valorisateur d’herbe, précise la porte-parole de l’élevage. Les deux tiers des 810 kg de poids vif à l’abattage sont constitués au pâturage.” Dans ces conditions, le boeuf de 38 mois, atteignant en moyenne 471 kg de carcasse, est rémunérateur. Les conclusions du suivi de la ferme des Bordes le montrent… à condition de rendre le système naisseur- engraisseur économe en intrants et le plus autonome possible sur le plan alimentaire.
Assurer l’autonomie fourragère
“À la ferme des Bordes, sur 9 ans, l’autonomie fourragère est atteinte régulièrement, malgré un chargement élevé”, résume Pascale Pelletier...
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