Élevage porcin : à chacun ses méthodes

Le 30/08/2016 à 11:40 par La rédaction

Des éleveurs témoignent

Salarié pendant 8 ans dans un élevage conventionnel, et attiré par la bio, Benoît Lion a dû trouver des références avant de se lancer. Il a préféré le bâtiment au plein air notamment parce qu’il n’a pas de terres portantes. (© Benoit Lion)
Salarié pendant 8 ans dans un élevage conventionnel, et attiré par la bio, Benoît Lion a dû trouver des références avant de se lancer. Il a préféré le bâtiment au plein air notamment parce qu’il n’a pas de terres portantes. (© Benoit Lion)

Dans la Manche, Christophe Gosselin optimise pour la qualité de carcasse. Dans le Perche, Benoît Lion s’en sort bien avec la machine à soupe mais règle un renouvellement tardif. En Côtes d’Or, Claude Nocquard gère 100 truies en solo, ce qui n’est pas de tout repos.

Ils sont tous trois naisseurs-engraisseurs et ont eu une première vie en production porcine conventionnelle. Christophe Gosselin à Fervaches (50) et Benoît Lion à Moulicent (61) élèvent leurs animaux en bâtiments sur paille avec courettes. À Darcey (21), Claude Nocquard préfère le plein air. Passés en bio il y a une dizaine d’années ou plus récemment, ils ne regrettent pas leur choix. Pour Benoît Lion, le respect du cahier des charges bio permet de répondre en grande partie aux impératifs de santé et de bien-être des animaux. “La densité faible imposée limite déjà les problèmes”, estime-t-il. Pour ces éleveurs, la Faf est un préalable indispensable à la viabilité économique de l’activité. La conduite de l’élevage demeure basée sur l’attention, la qualité de l’alimentation et des infrastructures. Et il faut toujours faire face aux aléas…
Objectif : améliorer la qualité de carcasse
Avec son frère Vincent, Christophe Gosselin, en bio depuis 2009, élève 55 truies. Ils sèvrent environ 1100 porcelets dont près de 40 % sont vendus à sept éleveurs. Le sevrage dure 49 jours plutôt que 42, favorisant des animaux plus costauds, de plus de 14 kg. “Je vends les porcelets nés groupes, homogènes”, signale-t-il. Ceux qui sont issus des truies décalées “rattrapées au verrat” sont engraissés à la ferme pour la filière longue. L’éleveur veut améliorer un taux de muscle (TMP) un peu faible, de l’ordre de 56. “Cela passe par la génétique, la formulation, le rationnement et le mode de distribution d’aliment”, précise-t-il. Plusieurs de ces points sont résolus ou en passe de l’être et ce, grâce à de nouveaux investissements. Mise en place deux ans après la conversion, la Faf a favorisé “un système financièrement confortable” pour envisager des évolutions. L’une d’elles est ’installation (en cours) d’une machine à soupe. “En rationnant les animaux, je vais pouvoir les faire durer un peu plus”, précise Christophe Gosselin.
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Frédéric Ripoche
Lire les témoignages dans Biofil 106 (juillet-août 2016)