Relations humain-animal
Bien-être, être bien ou… être ?
Est-il vraiment possible pour les humains d’appréhender le bien-être des animaux ? Nous ne saurons peut-être jamais complètement ce que vivent les chèvres, vaches, chiens, ou plutôt comment ils appréhendent la vie. Le bien-être animal, c’est, à mon sens, l’animal qui le vit, et pas l’homme qui le décrète.
Le bien-être est un concept défini par rapport au mal-être et à la maladie. Le bien-être serait l’état de santé mentale et physique de l’animal qui vit en harmonie avec son environnement et est capable de s’adapter lors de changements de cet environnement. Une approche zootechnique et sanitaire considère ainsi que l’animal en santé, sans faim, sans soif, sans douleurs ou lésions, sans peur, est en état de bien-être. Mais… un tel animal est-il encore dans la vie ? Dans sa vie d’animal ?
Un concept d’humains ?
Rechercher le “bien-être” supposé des animaux place souvent l’humain dans une position anthropocentrée (1) et anthropocentrique (2). C’est “moi”, pense alors l’humain, qui sait ce dont l’animal a besoin, ou comment j’ai envie de le voir vivre. Ainsi sont construites les étables “cathé-
drales”, selon les projections et aspirations des humains. Plus de hauteur, plus de lumière naturelle et artificielle, des tapis en caoutchouc au sol, des brosses artificielles, plus de mécanisation, des animaux “gérés” par des ordinateurs, et moins de présence de l’éleveur avec les animaux. Des bâtiments trois étoiles alors que les animaux, les études le montrent, préfèrent vivre en extérieur, s’ils y trouvent un espace pour leur territoire, de la nourriture à brouter pour les omnivores et herbivores, des abris (arbres, talus), des congénères pour des échanges affectifs et sociaux, notamment.
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Marie-Christine Favé
(1) Anthropomorphisme : tendance toujours très actuelle de l’humain à attribuer des caractéristiques comportementales ou morphologiques humaines à d’autres formes de vie dont les animaux, à des objets, voire à des idées.
(2) Anthropocentrisme : tendance de l’humain à se considérer comme le centre du monde et la fin de tout le reste de l’univers, et considérer alors que les animaux et l’ensemble de l’univers agissent en fonction de l’homme.
Lire l'intégralité de l’article et du dossier dans le Biofil n°107 - sept-oct. 2016.