Résistance aux bio agresseurs : la conduite de l’arbre en question

Le 25/01/2012 à 11:07 par La Rédaction

L’Inra s’est penché sur l’architecture de l’arbre pour le rendre plus résistant aux bio agresseurs – et le verger plus autonome vis-à-vis des intrants. Les résultats, aujourd’hui validés et valorisés, alimentent la réflexion en cours sur la conception de vergers plus durables.

 Imaginer une conduite différente de l’arbre qui favorise une auto régulation, d’une part de sa production, et d’autre part vis-à-vis des bio agresseurs ; agir en amont de l’infestation ; diminuer (voire éliminer ?) le recours à la lutte directe contre certains ravageurs difficiles à contrôler en bio… tout cela représente désormais des pistes sérieuses. L’équipe de Sylvaine Simon à l’Inra de Gotheron, en partenariat avec celle de Pierre-Éric Lauri à Montpellier, a comparé, en conduite Solaxe (CS) et en conduite centrifuge (CC), le développement de quatre ravageurs difficiles à contrôler en bio. Les résultats sont nets :

-Le puceron cendré se développe moins en CC qu’en CS (selon les années, - 10 % à - 58 % de rameaux infestés pour la période post-florale).

-Pour le puceron vert, les résultats varient en fonction des années et interagissent avec la population de puceron cendré : la CC favorise le puceron vert lorsque le développement du puceron cendré est moindre (et inversement).

-Pour l’acarien rouge, la progression de l’infestation est moins importante en CC (36 % de feuilles infestées en CC contre 43 % en CS).

-Pour le carpocapse, les résultats indiquent, selon les années, un effet favorisant de la CC tout au long des deux générations (à la récolte, 4,1 % de dégâts sur fruits en CC, contre 2,5 % en CS).

 Le microclimat modifié

Comment expliquer ces résultats ? La conduite centrifuge, dont l’une des opérations essentielles est l’extinction artificielle (c’est-à-dire la suppression sélective de rameaux, au stade bourgeon ou floraison), permet aux points de croissance et de fructification d’être plus accessibles à la lumière. Voilà qui bouscule l’architecture de l’arbre et la nature des rameaux, leurs proportions respectives, leur répartition dans l’arbre, leur rythme de croissance… et entraîne une modification du microclimat au niveau de l’arbre. (...)

Myriam Goulette

Source : poster “Architecture du pommier et développement des ravageurs” présenté lors de Tech & Bio 2011, Sylvaine Simon, Pierre-Éric Lauri, Inra.

À télécharger sur : http://www.inra.fr/la_science_et_vous/dossiers_scientifiques/agriculture_biologique/agriculture_et_elevage_biologiques_quelques_resultats

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