Support pédagogique, la ferme du Campus du végétal est entièrement certifiée bio depuis l'an dernier : le fruit d'une conversion progressive engagée dès 2010, de ses 23,5 hectares, dont 1 500 m2 de tunnels. Toutes les cultures sont aussi labellisées HVE (Haute valeur environnementale niveau 3), notamment la floriculture qui n'est pas certifiée bio. « Les productions légumières sont diversifiées sous abris et en plein champ, une vingtaine d'espèces en tout, explique Antoine Filitowski, directeur de l'exploitation depuis 2019. Et notre verger de pommes de deux hectares apporte une spécialisation pointue. » Pour répondre aux demandes d'innovations, un verger maraîcher est créé, afin d'expérimenter l'agroforesterie associée aux légumes, avec la plantation de fruitiers, pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers, etc. Pour les rotations, la ferme produit aussi de la luzerne, des céréales, des oléoprotéagineux notamment des associations lentillescameline. « Nous proposons une gamme la plus complète possible de cultures végétales, complétée par des potimarrons, des pommes de terre, et aussi des plants et des semences pour offrir une vision la plus complète possible du végétal bio à nos élèves », résume Antoine Filitowski.
Des mini-stages sur la ferme
Lui-même issu d'un parcours d'enseignement agricole passant par un bepa, puis un bac pro Conduite et gestion d'une exploitation agricole, suivis d'un BTS en production horticole et d'une licence pro, le directeur de l'exploitation est passé de l'animal et des grandes cultures au végétal spécialisé bio, intéressé par l'agroforesterie. « Plus on travaille avec le vivant et sur le terrain, plus on souhaite approfondir », reconnaît-il. En plus de ce poste d'encadrement, la ferme emploie 2,2 ETP, dont un plus spécialisé en arboriculture bio. « Le volet pédagogique est passionnant, et les enseignants sont très impliqués et très exigeants », explique le directeur qui organise, sur la ferme, des mini-stages pour les classes de bac pro et BTS. « Les élèves peuvent aussi donner des coups de main pour certains travaux, comme les plantations de tomates, ou les récoltes. » Ils sont motivés, « surtout en BTS bio, certains veulent s'installer producteurs, passionnés par le végétal, d'autres veulent poursuivre en licence pro, devenir conseiller ». La ferme gère toute la commercialisation de ses produits. Sa jardinerie écoule une partie des productions, notamment les plants, 70 % des pommes sont vendues en direct, les potimarrons à Bio Garonne, la luzerne est échangée contre du fumier, etc. « Notre ferme bio est aussi une entreprise et doit présenter des comptes à l'équilibre. » Mais les moyens manquent, notamment pour investir dans du matériel pointu, comme dans une bineuse de précision par exemple.