En bio, la fertilisation doit répondre à trois impératifs : outre garantir des rendements suffisants, elle doit assurer une production de qualité, dans le respect de l’environnement. La gestion du sol est l’un des piliers de la durabilité des systèmes. Pas question de simplement remplacer les engrais de synthèse par d’autres organiques.
“Depuis 1990, date de nos premières mesures en France, nous observons une baisse régulière de l’activité biologique des sols, constatent Claude et Lydia Bourguignon, agronomes microbiologistes des sols. Globalement, on trouve des terres agricoles dégradées partout dans le monde où le labour moderne est associé à d’importants apports d’engrais chimiques et de pesticides.” Les deux chercheurs n’ont de cesse d’encourager les passages à l’agriculture bio pour restaurer et améliorer cette fertilité, indispensable à la pérennité des exploitations. “Les sols sont rendus plus vivants, moins compactés, riches en micro-organismes”, affirment-ils. Pourtant, en bio, la gestion de la fertilité n’est pas si facile. Voulant bien faire, certains agrobiologistes utilisent par exemple trop de compost, “au point d’engendrer un processus de dégradation, car tout excès est nuisible”. Le risque est aussi d’augmenter le taux de nitrates lessivé, contribuant à détériorer la qualité des eaux et à alimenter l’eutrophisation. Un comble pour tous ceux qui cherchent avant tout à protéger l’environnement. D’autres problèmes, notamment au niveau de la structure du sol, peuvent également apparaître en raison de nombreux passages d’engins agricoles pour lutter contre les adventices
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