Lors du Miffel, trois techniciens ont présenté leurs travaux sur la lutte contre la mouche de l’olive. Un sujet d’actualité, au regard de la forte participation des oléiculteurs à cette conférence.
2011 aura été une année noire pour la filière oléicole. Un printemps exceptionnellement doux avec de fortes pluies, suivi d’un été sans chaleur excessive : les conditions climatiques ont perturbé la floraison, puis favorisé le développement de la mouche. “Les arboriculteurs professionnels dotés d’une excellente technicité s’en sont sortis, mais les amateurs ont perdu leur récolte”, explique Jean-Michel Duriez, directeur adjoint de l’Association interprofessionnelle de l’olive (Afidol). “Nous allons tirer les leçons de cette année difficile, en mettant en place notre réseau de surveillance plus précocement, et en renforçant le conseil technique”, précise-t-il.
Une stratégie de lutte basée sur deux types de produits préventifs
Par le biais du Centre technique de l’olivier (CTO), l’Afidol met au point et diffuse des méthodes de culture biologique. Les moyens de lutte contre la mouche de l’olive autorisés en bio sont limités : il n’existe pas de traitement curatif. Le Synéïs appât est le seul produit homologué pour son utilisation contre la mouche. Il contient un attractif alimentaire et un insecticide d’origine biologique, le spinosad. La stratégie de lutte consiste à appliquer le Synéïs appât de manière préventive, lors de l’apparition des premières mouches et pendant la période critique, en septembre et octobre. Les argiles, produits minéraux à effet “barrière”, sont recommandées en complément. Elles empêchent la mouche de piquer l’olive et de déposer l’œuf.
Le CTO a réalisé des expérimentations sur l’argile de 2005 à 2007. Convaincu de son efficacité, il organise des démonstrations depuis l’année 2008. Ces dernières sont mises en place chez des oléiculteurs qui traitent leur verger à partir d’un protocole prédéfini. Ensuite, des techniciens de terrain viennent compter les dégâts. “Ce travail nous permet de mieux apprivoiser l’argile. Nous pouvons adapter les protocoles d’utilisation en fonction des variétés d’olives et des zones de production”, souligne Célia Gratraud, technicienne phytosanitaire au CTO. Des journées de démonstration sont ensuite organisées, à l’attention des oléiculteurs professionnels et amateurs. En présence du producteur, la visite du verger est suivie d’une présentation des résultats de l’étude et d’une démonstration d’application. En effet, la qualité de la pulvérisation est essentielle pour l’efficacité du traitement.
Des essais en Corse
Pour savoir comment utiliser les argiles de manière optimale, l’Association régionale d’expérimentation fruits et légumes en Corse (Areflec) a justement réalisé des essais d’homologation : deux spécialités commerciales d’argiles kaolinites calcinées ont été testées pour leur effet sur la mouche de l’olive, à la demande des deux entreprises les commercialisant et des oléiculteurs corses.
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Nathalie Simonet
Retrouvez l'intégralité de cet article en lisant Biofil 80 daté mars-avril 2012.