À Villiers-en-Plaine près de Niort dans les Deux-Sèvres, l’Earl Veillat a recours à des techniques peu répandues en région céréalière, qui plus est en système biologique : les sols ne sont plus labourés, – un défi majeur en bio. De plus, des haies et des arbres sont plantés à grande échelle.

À l’ouest de la plaine de Niort, Christian Veillat, 58 ans, et son fils Julien 31 ans, exploitent 122 ha répartis sur trois sites distants de 7 km. Après la conversion en bio de 70 ha en 2000 par le père, à la faveur des CTE, 52 ha ont suivi en 2006, lors de l’installation de Julien. La majorité des terres est constituée de sols argilo-calcaires typiques de la région – les terres de “groies”. De faible profondeur, 15 à 20 cm, riches en matières organiques (3 à 4 %) et d’un pH élevé (8), elles sont très caillouteuses et présentent un faible potentiel du fait de leur sensibilité à la sécheresse (40 q en céréales les bonnes années ; pour 2013 : 20 q en orge de printemps, 25 q en orge d’hiver et 33 q en triticale-pois). Cependant, leur caractère filtrant se révèle un avantage, particulièrement en bio. “On peut y aller quasiment quand on veut, même après une forte pluie, notamment pour biner”, avance Julien Veillat. Dans de telles conditions, le non-labour s’est imposé comme une évidence. “La charrue n’est plus utilisée depuis 6 ans, confirme le jeune homme. Le labour n’est qu’un “cache-misère”. Il donne un résultat flatteur à l’œil mais ne préserve pas la structure des sols. Et puis, nous ne tenons pas à remonter des cailloux pour devoir ensuite les broyer.”
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