
En poste depuis deux ans, Julien Jouanneau suit régulièrement des maraîchers bio sur trois départements (Loire- Atlantique, Vendée, Sarthe), soit individuellement, soit au sein de groupes d’échange.
Il livre à Biofil son expérience sur la culture de la carotte en bio.
Quelle importance a la culture de la carotte dans les exploitations que vous suivez ?
On retrouve la carotte chez pratiquement tous les maraîchers, qu’ils soient installés de longue date ou plus récemment. En vente directe en particulier, ce légume est en effet incontournable dans la gamme des produits proposés. Par ailleurs, sous réserve de bien maîtriser les aspects techniques, c’est un légume qui offre une bonne rentabilité et qui se vend toute l’année.
Quels sont les aspects les plus importants de la réussite de cette culture ?
La carotte a la réputation justifiée d’être une culture très pointue, qui demande un suivi régulier et sans failles. Deux points de l’itinéraire cultural me paraissent cruciaux. Tout d’abord, la maîtrise du désherbage, qui conditionne directement le tonnage récolté mais aussi la rentabilité de la culture tant il est vrai qu’une mauvaise maîtrise de l’enherbement va nécessiter beaucoup de désherbage manuel, jusqu’à 1 000 heures par ha. Aussi, les faux-semis sont indispensables au printemps de façon à semer en terre propre et favoriser une levée rapide de la carotte. Pour ceux qui sont équipés, le désherbage thermique en prélevée est aussi intéressant, il est complémentaire du binage qu’il précède et permet d’intervenir quand les sols sont humides. Malgré tout, il est rare qu’on puisse faire l’impasse du désherbage manuel mais on en limitera la durée à des valeurs raisonnables.
Quel est le second problème à maîtriser ?
(...)