Se former, choisir un matériel adapté, bien connaître son sol et ses rotations : trois éléments indispensables pour réussir le semis direct sous couvert en bio, nous dit Claude Bourguignon, agronome renommé qui bouscule parfois des idées reçues. À la clé : des sols fertiles et vivants.
Vous accusez le labour d’être, avec les engrais et pesticides, la cause de la “mort” des sols. Pourquoi ?
Claude Bourguignon : Les charrues descendent à des profondeurs entre 25 et 40 cm : c’est trop ! Le labour crée une semelle, compacte les sols et perturbe complètement leur fonctionnement. Il retourne les champignons aérobies et les empêche de produire de l’humus. Le labour favorise les bactéries au détriment de cette microfl ore utile. Or, les bactéries minéralisent tandis que les champignons font de l’humus qui nourrit les plantes et qui participe à la fertilité des sols. Et puis, souvent, on laboure juste après la moisson, lorsque la terre est nue, exposée au soleil. À plus de 41 °C, on stérilise les sols.
Si le labour a autant de défauts, comment expliquezvous qu’il se soit imposé dans les pratiques agricoles ?
CB : Au départ, le labour était utilisé pour éviter les mauvaises herbes. Mais aujourd’hui, sa nécessité n’est liée qu’à un plaisir oculaire. On n’a jamais vu augmenter les rendements avec le labour ! Il n’y a aucun fondement scientifi que à cette technique de travail du sol. C’est un phénomène mythologique. Les gens se disent : “Si je ne laboure pas, je ne suis pas un agriculteur”. C’est un archaïsme de labourer… Il faut passer aux TCS ou au semis direct sous couvert.
Concrètement, comment pratiquer le semis direct sous couvert en bio ?
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