La culture des petits fruits rouges se heurte, en bio, à deux problèmes : d’une part le manque de solutions alternatives face aux problèmes phytosanitaires, et d’autre part la valorisation du produit, souvent difficile quand il est destiné à la transformation.
Les petits fruits rouges bio sont souvent vendus en direct, en frais ou transformés à la ferme. En Bourgogne, où la filière cassis est importante, avec pour débouché la liquoristerie, la production bio peine à se développer, non par manque de demande des transformateurs. “Le plus gros frein à cette production, ce sont les problèmes phytosanitaires”, estime Fabrice Écalle, conseiller spécialisé cassis à la chambre d’agriculture de Côte-d’Or. Cultures mineures en France, les petits fruits rouges souffrent d’un manque d’homologations de produits utilisables en agriculture bio. Un seul produit est homologué sur cassis – le cuivre et soufre ne le sont pas ! “Contre les problèmes phytosanitaires, il faut préférer de toute manière les méthodes prophylactiques : on peut notamment limiter les arrosages pour réduire la propagation des maladies cryptogamiques, souligne Christelle Chalaye, de la chambre d’agriculture de Rhône-Alpes. C’est tout à fait possible avec le cassis, peu gourmand en eau.” Dans le même ordre d’idée, la taille des plants de cassis en hiver aère le buisson et limite l’apparition de maladies fongiques.
Lutter contre l’oïdium
Reste que l’oïdium, gros point noir de la culture du cassis en Bourgogne, peut faire de gros dégâts. D’autant plus que Noir de Bourgogne, la variété la plus aromatique et la plus recherchée pour la transformation en crème, y est sensible...