En régions céréalières de champs ouverts : Gérer le risque de contamination par le conventionnel

Le 10/07/2011 à 21:19 par La Rédaction
La séparion visuelle entre une parcelle conventionnelle et bio peut-être marquée par une clôture

Le risque de contamination des parcelles bio par des pratiques conventionnelles est important dans les régions céréalières dépourvues de haies, d’autant plus que les conversions se multiplient. Pour réduire ce danger, les producteurs mettent en place plusieurs parades. Tour d’horizon.

Dans les régions céréalières de champs ouverts, les risques de contamination des parcelles bio par des débordements d’engrais chimiques ou la volatilisation de produits phytosanitaires sont plus élevés que dans un environnement bocager. Dans les secteurs où le parcellaire est morcelé, comme chez Joël Auger, céréalier à Marsauceux en Eure-et-Loir (lire Biofil n° 74), le problème vire au “casse-tête : j’exploite 153 ha en bio et en conversion, répartis sur neuf communes et 40 îlots. Cela donne 13 km de rives avec des voisins conventionnels ! J’ai par exemple un champ de 30 m de large sur 500 m de long entouré de deux voisins conventionnels… Le dernier remembrement date de 1967. C’est un problème majeur qui m’a freiné dans ma conversion puisque les premières années, je n’ai converti que des îlots avec de grandes parcelles contiguës où le risque de contamination est moindre.” De bonnes relations de voisinage Le producteur s’interroge sur la conduite à tenir pour minimiser les risques de contamination. “J’ai sensibilisé mes voisins conventionnels au risque de déclassement de ma production et ils prennent beaucoup de précautions, notamment pour les épandages d’engrais. J’essaie aussi de poursuivre mes échanges de terres avec eux, mais c’est long. En attendant, c’est moi qui prends tous les risques. Mon organisme certificateur, Ecocert, m’a dit que je pouvais toujours me retourner contre mes voisins ! Je n’ose imaginer l’ambiance qui en résulterait si j’en passais par là, d’autant plus que je suis aussi conseiller municipal… Si un jour les OGM sont autorisées, soit c’est la fin du bio ici, soit c’est la “guerre dans les campagnes”, s’inquiète Joël Auger.

Retrouvez l'intégralité de l'article dans Biofil n°76