En bio, les producteurs sont de plus en plus nombreux à biner leurs céréales à paille, notamment pour mieux maîtriser les adventices. Six d’entre eux témoignent de leurs pratiques. Céréaliers ou éleveurs, ils affirment tous que la pratique du binage est l’un des éléments majeurs de réussite de leur système.
Figure historique de la bio, Pierre de Contes, installé au Plessis- Grohan dans l’Eure, bine ses céréales et protéagineux depuis ses débuts en bio en 1977. Après avoir pratiqué quelques années le binage frontal en 3 m (inter- rangs de 17 cm et coeurs de 12 cm), il est passé au binage arrière, toujours en 3 m avec 17 cm d’interrang, puis a adopté de 2000 à 2010 un écartement de 20 cm (coeurs de 14 cm).
Une bineuse arrière
Cette année, pour gagner en débit de chantier, le céréalier a semé en 4 m avec le même écartement de 20 cm (25 cm dans les roues du tracteur) et a élargi en 4 m sa bineuse, une Ribouleau. “Cette bineuse me donne toute satisfaction, elle passe bien dans les cailloux, ne s’use pas beaucoup, est très économique tout en offrant une bonne précision. Le guidage se fait grâce à deux coutres fixés sur la poutre. Mais l’habitude permet aussi de s’approcher très près des rangs sans faire de casse.” Pour se repérer lors du binage, Pierre de Contes a regroupé deux bottes sur 8 cm à droite du semoir. “Je sais qu’il faut placer les roues du tracteur à droite de ces bottes jumelées.” Et, pour ne pas biner les inter-rangs extérieurs, il recroise les passages lors du semis. S’il reconnaît que le binage est souvent nécessaire, l’agriculteur affirme pourtant que la maîtrise des adventices passe avant tout par la mise en place d’une rotation longue avec luzerne ou trèfle en tête d’assolement...