Une pomme résistante à la tavelure, peu sensible à l’oïdium, peu attractive pour le puceron cendré, peu alternante, au potentiel de production de 60 tonnes/ha, à la qualité gustative excellente : Juliet® coop 43 a de quoi séduire. Ses capacités naturelles à produire en bio ont poussé Benoît Escande à créer un club, l’association des Amis de Juliet.
Si le pépiniériste Benoît Escande peut vanter sa protégée comme étant “la première pomme au monde produite exclusivement en bio”, c’est parce que les conditions de production et de commercialisation de cette variété sont rigoureusement encadrées. Conduite en bio obligatoire, vente de la production uniquement par l’intermédiaire de l’association, protection de la marque Juliet, avec interdiction de surgreffer sans autorisation ou de replanter : ces trois points cruciaux sont précisés dans un contrat de culture signé entre le producteur, l’association “les Amis de Juliet” et le metteur en marché, Cardell. Ensuite, à la plantation, une cotisation de 2 € par arbre est demandée et reversée à l’association des Amis de Juliet. Cette structure, créée en 2005, regroupe les 79 producteurs actuels de la variété : ils détiennent 2/3 des voix, tandis que le pépiniériste, Benoît Escande, en détient 1/3. Son but : promouvoir cette pomme et suivre techniquement son développement. En son sein, les producteurs participent à l’élaboration du cahier des charges de l’emballage et fixent ensemble une grille de prix. Ils bénéficient d’un guide de production technique, établi par l’association et la chambre d’agriculture du Vaucluse. Ils sont soutenus et aidés techniquement grâce à des visites de verger, notamment au moment des récoltes, pour établir le stade de maturité optimal. À part l’obligation de produire en bio, le contrat de culture n’impose aucune contrainte technique. Les distances de plantation, modalités de fertilisation, d’irrigation, le calendrier de protection phytosanitaire doivent être réfl échis en fonction de chaque exploitation.
Donner de la vigueur
Ce vendredi 8 octobre 2010, une bonne trentaine de personnes sont réunies à St-Vite, dans le Lot-et-Garonne, pour une visite technique des vergers de Juliet de Benoît Escande. Le pépiniériste cultive lui-même 16 ha de cette variété sur les 176 ha de son exploitation (1) (une partie seulement de ses terres, 40 ha, est cultivée en agriculture biologique)
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